La Mer

En passant


Petite mine douce sortant de sa réserve, elle affronte les vents et les tempêtes, s’ingénue à briser les côtes mousseuses de ver de mai, se calme, s’agite, s’effondre en grande pompe sur le large, s’éventre affolée ou s’épanche de mucus …

Grande folle à ses heures, doucereuse en son temps, elle tangue telle une danseuse orientale. S’agrippe au rythme de la lune, tourbillonne, se déchaîne, se fend, s’adoucit de nouveau… anesthésie.

Belle terrestre, merveilleuse inconnue, surprenante intrépide, agile.
Vaillante, sans peur ni loi.
Immense et si large, mama du temps des cieux. Elle va. elle vient.
S’engouffre dans le creux, s’évertue à l’accueil, siffle sa mélodie sourde et apaisante.
Se retire. S’éloigne …

Revient sans ardeur, glisse en semelles lisses puis déploie sa fougue. Impétueuse.
Quelle audace !

Mouvance et bouillon, sans orgueil. Sédative, rassurante.
Nuancée de gris, céruléenne à ses heures, revigorante, insaisissable …elle habite, s’infiltre, s’agite encore, se joue du plancton, sans âme en conscience.

Marée basse …ou haute,

Elle vit, ondule, subsiste,

Soigne ou détruit mais toujours émeut …

Océan des cœurs,

La Mer

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 ninie la bulle