L’Estuaire …et le passage de Jean Prouvé

En passant


Tourisme

C’est en regardant le programme de l’Estuaire que j’apprends que Jean Prouvé a laissé une trace à Nantes: La Station Prouvé, un petit bâtiment polygonal à 13 faces, situé sur l’Ile de Nantes, abritant une exposition retraçant les trésors des trois dernières années des éditions de L’Estuaire. Alors quesaco ..? Il s’agit en fait d’un prototype de petite station service, imaginé par J. Prouvé dans les années 60 (pour Total), réalisé de façon à pouvoir la déplacer aisément. D’où sa légèreté, et ses façades entièrement démontables.

Ami de Le Corbusier dont chacun sait que sa griffe anime le paysage de Reze (entre autre !), J’avais eu l’occasion de me pencher sur le travail de Prouvé dans le cadre de mon travail. Comme quoi, travail et information personnelle sur les festivités culturelles de Nantes finissent parfois par se croiser !

A la fois, ingénieur, architecte et designer de mobilier (et ferronnier !), Jean Prouvé à marqué ces dernières années par ses talents pluridisciplinaires réservés à une élite: il construit, certes mais conçoit aussi !

« Il n’y a pas de différence entre la construction d’un meuble et d’une maison. » « Construire un meuble est une chose sérieuse, très sérieuse, s’il s’agit de composer des objets dans l’espoir d’une diffusion importante. Que de sévices ne subissentils pas, nos meubles ? Que de résistances à l’effort, aux contraintes ne leur demande t-on pas ? Les problèmes à résoudre sont aussi complexes que ceux des grandes constructions. Je les assimilai à des bâtis de machines, destinés à travailler durement, ce qui me conduisit à les composer avec les mêmes soucis, donc les mêmes règles de résistance des matériaux, voire les mêmes matériaux. Les tubes d’acier cintrés ne pouvaient pas me satisfaire. C’est la tôle d’acier qui m’inspira. Pliée, emboutie, nervurée, puis soudée. Les sections d’égale résistance et les tracés rigoureux en découlèrent, mis en valeur par le raffinement du détail et des qualités de finition. » J. Prouvé

Son originalité tenait à l’utilisation de la tôle d’acier dans le mobilier. Il restera un grand créateur dans la tradition du travail du métal avec le souci permanent du détail et la recherche de l’esthète. Dans ce paysage de l’industrie de l’entre-deux-guerre, il représentait le fer de lance de l’architecture moderne.

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Le Nid – vue panoramique

En passant


Il est des soirs où l’on a envie de s’en prendre plein la vue !

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Avec ma progéniture nous déambulons dans cette douce soirée d’été au travers des rues de Nantes, que je croyais désertée en ce mois d’août mais qui, pourtant, s’anime deci-delà de populations regroupées dans les points forts du voyage de Nantes, se délassant autour d’un verre dans les lumières de la ville. L’ile de Nantes, sa plage devant les quais, le canal St Félix, Quai de Versailles … difficile d’accéder jusque notre point de chute, les nombreux travaux transformant le centre nous barrant systématiquement la route.

Elle est là, devant nous, la tour de Bretagne, au coucher du soleil. La cage en métal monte les 32 étages et nous y sommes. Le Nid. Ambiance moderne, où le noir flirte avec le blanc comme un univers d’hitchcock. Justement, l’oiseau est là, cet immense bec rouge reposant sur le sol dès qu’on entre dans le nid. Ne pas toucher. Regarder mais sans plus. L’ambiance n’est pas à la hauteur de mes espérances. Certes une déco pensée, sièges et bar évoquant l’oeuf cassé de cet oiseau affalé sur son flanc à même le sol. seules les affiches illuminées sur les murs noirs attirent mon regard: des clins d’oeil à quelques « momuments » de notre ville, sous un trait simplement dessiné et à l’esprit vintage (l’usine Lu, …).

Cependant, alors que nous sortons sur la coursive, laquelle se pare de grillages tout le long des baies vitrées du Nid, la vue à 360° sur l’agglomération me rend le sourire et me fait appuyer sur la gachette (celle de mon Nikon !) : dans les lumières de la ville, chaque bâtiment, avenue, artère, semble venir s’accrocher comme une racine à notre tour en haut de laquelle nous admirons le panoramique. La cathédrale, les anneaux de Buren, les pistes de l’aéroport, …une ville entrevue sous un angle inhabituel qui brille de mille feux. Malgré une différence de hauteur incontestable (144 mètres, 32 étages contre 266 mètres, 70 étages !), je ne puis m’empêcher de retrouver ce doux souvenir de la vue déroutante que m’offrait un jour celle du Rockefeller center à NY.

Hier c’est l’horizon bleuté qui caressait mes yeux, « avant-hier » l’insolence des toits des grattes-ciel !

B. Biolay en concert


mes albums musique copie            Biolay à Nantes

           Cité des Congrès, Nantes, le 15 Mai 2013.

Salle pleine et ambiance chaleureuse devant ce grand homme aux allures parfois nonchalantes. Plus qu’un artiste, un homme vraiment convivial, proche de son public, qui ne se prend pas la tête, qui doit détester tout ce qui brille mais qui fait briller son public par ses qualités humaines. Un grand artiste.

Une chaude ambiance devant Benjamin Biolay si sympathique qui ne cesse de remercier ses fans après chaque opus. Parlons en de ceux ci: Vengeance, bien sûr, titre de son dernier album, mais aussi des reprises de l’album La Superbe avec La superbe, Padam, Ton héritage, un de mes titres préférés. La monotonie de l’album Rose Kennedy, ou puisé dans Pourquoi tu pleures, le titre Le bonheur mon cul !  Venganza, of course, et Marlène déconne, Personne dans mon lit, Profite, Aime mon Amour…les dernières sorties dans les bacs, 14 titres.

Sous les feux des néons, lumières plongeantes ou intimistes, les titres se suivent mais ne se ressemblent pas. D’un électro-rock péchu, aux arrangements bien plus fun que d’ordinaire (limite un son hip hop) à des ballades  nostalgiques. Des guitares puissantes parfois jugulées par le son plus suave de la guitare acoustique, mais aussi des cuivres, piano synthé.

J’ y ai vu aussi une indolence gainsbourienne (Trésor Trésor), une musicalité qui évoque parfois Bashung, un parolier dont l’écriture élégante ne laisse pas insensible, un musicien et compositeur de talent, une orchestration béton. Jouant également avec des sons « élastiques », sons « d’exploration », comme je les nomme, venant s’immiscer ici et là, bref un fer de lance de la création musicale française. Un enfant « terrible » ..?  je le trouve terrible en effet !  Par sa prestance, son charisme, son rapport bienveillant et empreint d’une grande connivence avec son public. Sa créativité musicale: oui, terriblement artiste ce dandy.

Et je viens de dénicher un titre inédit De Biolay: Le son du bruit

Encore un très bon choix pour moi ce concert. J ‘y retournerai sans hésiter 🙂 Les bretons, ne le ratez pas à St Brieuc ce WE à Artrock !

Au coeur de l’Etre… Céline Ranger


Céline Ranger

Naviguant dans l’atmosphère toujours plaisante de l’Art contemporain, je découvre la Galerie Albane à Nantes: éveil des sens, face aux tableaux de Céline Ranger, artiste peintre mettant en exergue la sensualité et l’âme de la féminité. Qui sont ces femmes ? Portraits, nues, …

Beauté secrète, sensibilité évidente, fragilité du sujet et force de représentation par l’emploi d’une technique mixte, je suis conquise devant le travail de cette artiste. Atmosphère feutrée, plongeant dans une intimité, celle de toutes ces femmes qui ne laissent pas insensible celui qui les regarde. De formation artistique en Arts Appliqués (Ecole Boulle et Estienne), Céline Ranger travaille sur l’intimité de l’être et expose à Nantes (Art au Carré, Galérie Albane), à Cholet ou encore à la Gacilly. Son travail sur bois est sublime mélant fragilité du sujet et une technique picturale singulière mettent en jeu l’ombre et la lumière, la délicatesse et une face obscure permettant de sacraliser ou mystifier le sujet.

Une peinture de l’intimiste, dans la profondeur de l’être. Je suis séduite !

celine ranger- nue au drapé tombant et crysalide copie

celine ranger- émanation

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The Hyènes – face C !


De Noirdez à The Hyènes …

Hier je vous parlais du come-back du grand Cantat dont je suis la première à réclamer LA voix, son interprétation charismatique et son univers Rock alternatif, sombre, revendicatif et affuté, et si je me laissais aller … j’ajouterai son sex-appeal ! (d’aucune ne saurait le nier ). Mais, sans revenir sur l’histoire de cet homme, que sont devenus ses acolytes..?

Alors justement, Denis Barthe (batteur de Noirdez) nous révèle le groupe formé avec son ami (et bassiste de Noirdez) Jean-Paul Roy: c’est à la demande d’Albert Dupontel pour la bande originale de son film (« Enfermés dehors ») que The Hyènes s’est formé.  S’en suit des propositions de concerts que Denis Barthe finit par accepter, avec une première scène à Nantes en 2006, invitant des potes (Cali, Marthias Malzieu de Dionysos…).

Les deux anciens Noirdez le disent avec beaucoup de simplicité: « The Hyènes n’est pas comparable avec la musique de Noirdez… » « c’est un rock basique, sans messages à véhiculer.. en toute liberté d’expression… »

Bon, ok. The Hyènes ça n’a rien à voir avec Noirdez. On est bien d’accord ! Adieux le rock punk… un style léger, Peace and friends ! Reste que je dis « chapeau » pour la reconversion réussie et non éphémère aux Ex du groupe emblématique Noirdez.

Interview The Hyènes

Peace And Loud, sorti en 2012, est le deuxième album de The Hyènes.

nantes- Saez en concert !


Saez, concert à Nantes, Mars 2013

saez en concert

Zénith, Nantes, en ce début de printemps, voilà qui redonne force et espoir de sentir les bourgeons en éclosion. Thème Quai de Scène en fond sonore …il arrive, nonchalant, les cervicales enprisonnées dans sa minerve, mais avec sobriété.  … Et Debbie résonne dans ce grand espace Zénithal.

Que dire de cet artiste qui embaume les fans, relie le ciel à la terre, enchante les âmes les plus sensibles, écorchées, esprits rebelles ou revendicateurs …? Nouvel Opus Miami, très rock, comme Rochechouart ou Des Drogues, Le Roi, Les Infidèles, … Et des Inédits avec Paraît qu’elle est en ville, On se désire…les seuls titres que j’ai pu écouter avant de me rendre à ce concert. Et je découvre les autres, avec autant de magnétisme; colère contre la thune, le blé, le pouvoir, la condition ouvrière, prolétariat vs les cons au pouvoir … du Damien Saez pur et dur qui ne lésine pas sur la provoc’, lachant quelques bribes de sa colère entre deux titres … je cite:  » La Bastille, dire que c’est là qu’on coupait les têtes…maintenant on suce des b…. ! »  Du politique, de la grise mine sociale, réprimandes et protestations. Individualisme (« chacun sa gueule, j’t’emmerde… »), sacage politique du pays (« ces cons qui nous gouvernent…il est beau notre pays !!! »), Saez ACCUSE réinvitant  la jeunesse à protester (Jeunesse lève toi)…

Fumant à tout va, il enchaîne les titres, mixant les albums  ! Un régal dans mes oreilles dans lesquelles sifflent un rock sombre entre des mélodies romantiques avec ses  « chansons pas gaies »: amours déçues, écorché vif, désillusions … immense plaisir d’entendre des reprises: de l’album Messina (Les Meurtrières, Marie, Betty, Les Fils d’Artaud, Chatillon sur Seine…), album Paris (Putain vous m’aurez plu, Le Cavalier sans tête, On a pas la thune, Jeunesse lève toi, …), ou J’Accuse ( Marguerite – dont est tirée la photo ci dessous – J’Accuse, Pilule, Cigarette) , avec, pendant sa tournée de 2010, son offrande de Ma Petite Couturière, etc.  Des rappels par deux fois, avec un Saez et sa guitare, une poésie sur fond acoustique, parolier lyrique du monde, fils de France, engagé et inspiré, il insuffle l’essence des dernières notes, contrastant entre des tonalités douces et écorchées … volcanique, rage, rébellion, sensibilité, exubérance, colère, une déferlante d’émotions qui vous prend aux tripes!

En ce Jour Etrange, je prends des airs de Margueritte (ou Marilyn) … Fin des Mondes, Que tout est Noir, Echouée, …mais Sur le Quai, à l’horizon, Au Delà du Brouillard, contre vent et marées, l’espoir est là… sa musique aussi ! (voir About music). Une force inouïe !

Et le meilleur reste à venir: une 2 ème date dans 15 jours, j’y serai !

saez- zenith Nantes 2- 26 mars 2013

Damien Saez, Zénith Nantes, 26.03.2013