Rouleaux de printemps

En passant


Sur le bleu des mers reposent les humeurs du ciel, bruissement imperceptible de l’accalmie défiant les ondes agitées. Les tonalités se prêtent à un millefeuille de couleurs. Du gris orage au bleu indigo, l’âme secrète des cieux se reflète sur les eaux. Reflets ondoyants, merveilles de l’agitation des éléments, nature saturée de pensées en partance, inspiration des peintres en quête de voyage, miroir glissant de rêveries, immensité des amours déchus, territoire de l’infini, enveloppe protectrice, parfois maléfique, ardoise cinglante des profondeurs, vaste étendue abritant des secrets depuis des millénaires. Harmonie de camaïeux, rondeurs palpitantes, frénésie vague à l’âme, mélodie apaisante. Mémoire en sourdine. Océan sublime. Nacre de ses rouleaux de printemps.

Bretagne

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L’océan de la mémoire

En passant


Imaginer des eaux azures, parfois plus cireuses, clarté relative, territoire de ces poissons multicolores. Imaginer la trajectoire, la liberté d’envol, ailes déployées de ces cormorans au dessus de l’océan. Imaginer le souffle, celui du vent, libre de chasser les nuages, force de répercussion sur le littoral. Bruissent les branches et herbacées. Se balancent de mouvements saccadés ou plus harmonieux les tiges de l’oyat ou des queue-de-lièvre sur les dunes. Ces grains de sables, déposant leurs milliers de cristaux, en partance, se déposant plus loin, à quelques mètres de là. Virevoltent les aiguillent de ces pins, troncs enracinés depuis des lustres, contemplateurs des lumières de l’aube à l’aurore et spectateurs inconditionnels des mouvements de cette étendue, calme au large, s’exprimant aux abords. Une barque flotte, mal ficelée, bancale mais navigante: sur l’océan de sa mémoire.

« La connaissance est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes » (D. Wolton)
Paimpol